Les accidents, incidents dans les Clubs Alpins Français

120602-JF-SIEGEL_1601A l’initiative de Françoise Serve et d’Yves Bouchet, tous deux responsables de la sécurité respectivement pour les CAF Grenoble-Oisans et CAF Grenoble-Isère une soirée d’information sur le thème :
Les accidents, incidents dans les Clubs Alpins Français
a eu lieu le lundi 2 février 2015 à 19h au CAF-Grenoble Oisans .
Etaient invités:
– Damien Haxaire, gardien du refuge du Pelvoux, responsable sécurité pour la FFCAM
– Bénédicte Cazanave, Vice-Présidente FFCAM en charge du groupe prévention sécurité.

Voici le compte-rendu de cette soirée:
Damien Haxaire explique le pourquoi de son intervention:
Comment prendre en charge les événements (incidents et accidents) ?
Comment en tirer parti ?
Le but étant de créer une base de données exploitable.
Il faut partir d’exemples concrets, analyser ce qui s’est passé dans le comportement de chacun, dans la tête de chacun des participants.
afin de :
1) obtenir une traçabilité puis créer une base de données statistiques
2) savoir comment gérer une situation
Gérard Créton (délégué sécurité au CD38):
On ne parle pas assez des accidents , par exemple des accidents de skis tel qu’un genou blessé.
Damien Haxaire:
Avec l’assurance, on a recensé 105 accidents physiques dont 4 seulement dûs à des avalanches.
Ces accidents sont dûs à la forme physique, mais aussi au matériel probablement.
La FFCAM souhaite que les clubs aient une démarche sécurité car les déclarations d’accidents ne sont pas suffisamment détaillées au niveau des causes.
Ce qui permettrait de mettre en place des stratégies d’évitement.
Mais la démarche sécurité doit tenir compte également des incidents.
La FFCAM ne peut pas traiter tous ces incidents; donc il faut que les clubs travaillent sur les incidents.
Actuellement la FFCAM fait une enquête dans les clubs à l’origine des accidents et tire une conclusion sur les actions à mettre en place dans les clubs, mais le nombre d’événements gérés est insuffisant !
Le fait de parler de l’accident permet de libérer la parole et de prendre mieux conscience des problèmes.
Françoise Serve:
L’analyse de l’événement se fait en remontant chronologiquement dans le passé.
En procédant ainsi, on comprend mieux ce qui s’est passé sur le terrain.
Il existe une documentation « Accidentologie des sports de montagne » créée par la Fondation Petzl.
Damien Haxaire:
Le dialogue est important.
On justifie son comportement par rapport à des données techniques, alors que beaucoup (80%) dépend de notre comportement.
C’est le débriefing qui permet de révéler l’origine comportementale de l’accident.
L’expérience ne suffit pas (on le constate dans les événements récents).
Gérard Créton:
L’incident-accident serait-il dû parfois ou souvent ( ?) à une trop grande confiance en soi ?
Damien Haxaire:
Les procédures (méthodes) de préparation existent et sont utiles.
La préparation est primordiale, même si on a déjà fait la sortie car les conditions changent sans cesse !
Gérard Créton:
Ce sont les multiples petits incidents qui font l’expérience.
Damien Haxaire:
Voici le travail mis en place à la FFCAM.
La méthode industrielle est axée sur les problèmes matériels essentiellement.
La méthode aéronautique inclue surtout les comportements humains.
La FFCAM a donc préféré choisir la méthode ORION, car elle est plus adaptée à nos activités.
C’est une méthode rigoureuse, accessible à tous, adaptée à un système complexe.
Elle tend à rendre les incidents tolérants aux écarts.
Les écarts ou défaillances produisent des accidents; ce sont les précurseurs.
Ils ont un « effet domino ».
La méthode se déroule en 6 étapes:
1) Collection des données par débriefing des versions des différents acteurs.
2) Rédaction d’une déclaration commune respectant la chronologie des événements.
3) Identification des écarts par rapport aux procédures et consignes.
4) Identification des facteurs influents et constitutifs (relation de cause à effet)
5) Propositon d’un plan d’action, cad des mesures à mettre en place.
6) Rédaction d’un rapport d’analyse.
Au niveau d’un club, cette méthode est fédératrice.
Gérard Créton:
Une liste de facteurs déjà connus serait utile au préalable.
Damien Haxaire:
L’idée serait de mettre en place dans les clubs une formation sur cette méthode, dans le cadre de l’UFCA.
Gilbert Pepellin:
Les versions de chacun doivent se faire acteur par acteur afin de ne pas être influencé par les dires des autres; les versions doivent donc être écrites.
Il y a un travail à faire en amont auprès des adhérents pour les convaincre de l’intérêt de mettre en place cette méthode.
Certains n’osent pas écrire ou ne savent pas écrire; il faut en tenir compte !
Bénédicte Cazanave:
Dans la méthode, il faut être plus précis et dire qui fait quoi à chacune des étapes.
Ce sont les acteurs eux-mêmes qui rédigeront la déclaration commune.
Georges Elzière :
Chacun, en mettant en commun, prend conscience de son comportement, de sa vigilance dans le groupe.
Damien Haxaire:
Il y a environ 70 clubs qui fonctionnent avec des groupes prévention.
80% de ces 70 clubs le font depuis longtemps, chacun avec sa méthode.
Bénédicte Cazanave:
Il faut capitaliser ce qui est fait dans chaque club.
Damien Haxaire:
On est plutôt dans les formations techniques car c’est simple, mais enseigner du comportemental, c’est autre chose !
Les formations de formateurs évoluent et abordent les facteurs humains.
Il est important de développer dans les clubs des formations de base, dont une formation plus générale sur le comportement humain par rapport aux techniques de base.

La soirée s’est ensuite terminée par un pot très sympathique !

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